Depuis trois semaines, je lis en Inde : Deleuze, les Upanishads, Sri Aurobindo. Entre-temps, je médite parfois. Le reste est encore un résidu de la vie quotidienne du Nouveau Monde. Lire les nouvelles, consommer des médias de divertissement, organiser des choses qui n'ont pas vraiment d'importance ici, mais qui ont besoin d'une continuité pour ne pas se briser dans la vieille Europe, et le Nouveau [...].
J'ai récemment fait la connaissance d'un jeune Indien ici. Il vient de Delhi et pour lui aussi, le sud de l'Inde est un monde étranger, même s'il ne l'est pas autant que pour moi. Il ne parle pas le tamoul et sa spiritualité est aussi un peu plus réfléchie ou éclairée, comme on pourrait le dire. Je l'ai rencontré à nouveau dans la rue [...].
Dans de nombreux films, on voit de bons hôtels, situés au centre, où l'élite politique, intellectuelle et économique se réunit. J'ai toujours perçu cela comme quelque chose de très élitiste, colonial et assoiffé de pouvoir. Ce qui m'a échappé dans les films, et qui y a probablement rarement été abordé, c'est la mise en réseau qui a lieu dans de tels endroits. [...]
Sur un boulevard à Paris, un café et de la mauvaise musique, du soleil et beaucoup de monde. Autant de personnes qui veulent être vues. Ils se montrent affairés, sexy, cools, savants, aventuriers, sportifs, instruits, cultivés ou indifférents. Beaucoup veulent que les autres fassent attention. Ils considèrent que c'est ce qu'ils veulent être. Peut-être vivent-ils leur vie de manière [...].
Qu'est-ce que je dois emporter en Inde ? Je veux vivre une autre vie, dans une autre société, avec d'autres idées et d'autres objectifs. Il y fait chaud, la vie sera simple. En dehors des basiques comme quelques vêtements, j'ai besoin de mes appareils techniques comme un ordinateur portable, un téléphone portable, un appareil photo. Et sinon, quoi d'autre ? Une bonne lampe de poche, car les chemins de terre là-bas [...].
Depuis un certain temps, j'attends. En fait, j'aime attendre. Attendre, c'est un espace et un temps où il n'y a rien d'autre à faire que d'attendre que le temps passe. En général, on ne peut pas faire grand-chose d'autre que lire, discuter ou réfléchir. Les temps d'attente sont donc toujours pour moi des espaces de liberté. [...]
Les autoroutes ont toujours été des lieux particuliers pour moi. La plupart du temps, je n'étais pas pressé par le temps, je devais rarement aller d'un point A à un point B en un temps donné. Les autoroutes sont plutôt des itinéraires de voyage. Je m'y trouve dans des états intermédiaires, une sorte de no man's land avec un nombre infini de possibilités. Cela ouvre des espaces de réflexion. Souvent, ils sont tout simplement vides. Le cerveau est occupé à [...].