Descartes – New Spirits – Reading Deleuze in India https://readingdeleuzeinindia.org/fr La conscience n'existe qu'en relation avec d'autres consciences Sun, 24 Aug 2025 10:18:30 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://readingdeleuzeinindia.org/wp-content/uploads/2022/06/cropped-small_IMG_6014-32x32.jpeg Descartes – New Spirits – Reading Deleuze in India https://readingdeleuzeinindia.org/fr 32 32 Art Before Theory https://readingdeleuzeinindia.org/fr/art-before-theory/ Tue, 18 Mar 2025 03:51:18 +0000 https://readingdeleuzeinindia.org/?p=5043

Art Before Theory (short summary) Christoph Kluetsch Cette conférence est la dernière de ma série d'hiver. J'ai donné six conférences jusqu'à présent, et je me suis mis au défi tout au long du processus. Aujourd'hui, je m'attaque à mon plus grand défi à ce jour. J'ai exploré des topics qui m'intéressent et qui représentent une collision entre l'art occidental [...].]]>

Art Before Theory (bref résumé)

Christoph Kluetsch

Cette conférence est la dernière de ma série d'hiver. J'ai donné six conférences jusqu'à présent, et je me suis mise au défi tout au long du processus. Aujourd'hui, je m'attaque à mon plus grand défi à ce jour. J'ai exploré des thèmes qui m'intéressent et qui représentent une collision entre l'histoire de l'art occidental, la spiritualité indienne et la pensée postmoderne. Je trouve que cette intersection est un espace fascinant à exploiter. Dans mes conférences précédentes, j'ai examiné l'architecture des temples, les problèmes de représentation et les comparaisons stylistiques entre des traditions artistiques apparemment sans rapport. Aujourd'hui, je vais me plonger dans le sujet le plus difficile pour moi : l'idée de l'art avant la théorie.

Cette conférence sera quelque peu expérimentale. J'essaierai d'aller au-delà de la théorie tout en utilisant des concepts théoriques pour explorer cette idée. Ma perspective sur l'art a changé de manière spectaculaire après avoir quitté l'hémisphère occidental. Lors de mon premier voyage en Inde, puis en Chine, j'ai réalisé que la chronologie que j'avais suivie en parallèle avec les concepts que j'avais appris et enseignés ne correspondait pas à la réalité.

Pour commencer, je veux parler d'un artefact controversé : le Makapansgat Pebble, trouvé en Afrique du Sud. Ce petit spécimen, d'une taille de cinq centimètres seulement, a probablement été transporté à environ 50-60 kilomètres de son lieu d'origine, il y a environ trois millions d'années. Cela suggère qu'il a été déplacé intentionnellement. A cette époque, les êtres responsables de cette action n'étaient pas ce que nous appellerions des humains. Il s'agissait d'êtres conscients d'un certain type, existant bien avant toute chronologie humaine conventionnelle.

Ce qui est intrigant à propos de cette pierre, c'est qu'elle ressemble à un visage humain. Les archéologues l'ont étudiée et ont découvert que certaines de ses marques ont été faites intentionnellement. La question est la suivante : s'agit-il d'un artefact ou d'un simple objet trouvé ayant des qualités humaines ? Cela soulève une question plus profonde : qui vient en premier : l'art ou la capacité à percevoir quelque chose comme de l'art ? Décidons-nous soudainement de créer de l'art à partir d'un espace vide, ou devons-nous d'abord être dans une certaine disposition pour reconnaître quelque chose comme de l'art ? Si, il y a trois millions d'années, des êtres percevaient et appréciaient l'esthétique, alors l'impulsion artistique pourrait être inhérente à la conscience elle-même.

Un récit commun suggère que l'art préhistorique était purement utilitaire, utilisé pour le rituel, le culte ou la survie plutôt que pour l'appréciation esthétique. Je voudrais remettre en question cette idée. La perspective historique occidentale suppose souvent une progression linéaire du développement intellectuel et artistique humain, des débuts primitifs à une complexité croissante. Je suis en désaccord. La découverte d'objets datant de 30 000 à 40 000 ans, tels que les peintures de la grotte Chauvet en France, révèle un niveau de sophistication artistique étonnant. Pablo Picasso, après avoir vu les peintures de la grotte de Lascaux (datées de 17 000 ans), a déclaré de manière célèbre : "Nous n'avons rien appris". Il n'a vu aucune preuve de progrès artistique, seulement de la continuité.

Le cinéaste Werner Herzog a exploré cette idée dans son documentaire The Cave of Forgotten Dreams (La grotte des rêves oubliés)qui examine les peintures de la grotte Chauvet. Ces peintures sont presque deux fois plus anciennes que celles de Lascaux et témoignent d'un niveau de compétence et d'expression artistique tout aussi élevé. Herzog propose que l'esprit humain, avec sa capacité de perception esthétique, soit apparu tout d'un coup, plutôt que de se développer progressivement. Cela remet en question l'hypothèse selon laquelle la conscience et la créativité sont apparues au cours d'un lent processus d'évolution.

Les récits historiques traditionnels décrivent le développement humain selon une chronologie linéaire et bienveillante - d'abord une étape, puis une autre, menant à une amélioration progressive. Toutefois, ces modèles sont basés sur des hypothèses idéologiques concernant le progrès. Ils s'alignent sur les notions capitalistes de progrès, qui conçoivent l'histoire comme un processus constant de progression. Cette perspective influence la manière dont nous voyons l'histoire de l'art. Le célèbre diagramme d'Alfred Barr sur les mouvements d'avant-garde du 20e siècle suggère une progression structurée : le réalisme mène à l'impressionnisme, qui mène au cubisme, et ainsi de suite. Ce modèle suppose que les nouveaux mouvements artistiques rendent les précédents obsolètes, mais est-ce vraiment ainsi que l'art évolue ?

Le philosophe René Descartes a contribué à cette manière de penser en développant le système cartésien - un cadre structuré et rationnel pour comprendre le monde. Ce système se base sur la représentation, où les objets externes sont mappés sur un modèle mental interne. La célèbre peinture de Magritte La tromperie des images (featuring the words "This is not a pipe" beneath a painted pipe) joue avec cette idée, exposant le fossé entre la représentation et la réalité. Le langage, les images et la perception forment une toile complexe de relations que nous ne comprendrons peut-être jamais complètement.

Cela m'amène au concept de l'écriture et à son impact sur la conscience humaine. Le livre de Platon Phèdre contient une histoire sur le dieu égyptien Thoth, qui présenta l'invention de l'écriture au roi Thamus. Le roi l'a rejetée, craignant que l'écriture n'affaiblisse la mémoire et ne perturbe la transmission directe des connaissances. Cette prédiction était remarquablement prophétique. L'écriture permet de conserver des archives et remet en question l'autorité, mais elle nous fait également passer d'un monde d'expérience directe à un monde de connaissances textuelles. Dans les traditions orales, le savoir est préservé par la mémoire, le son et l'enseignement direct plutôt que par des documents écrits. Même aujourd'hui, les traditions védiques en Inde s'appuient sur une mémorisation extensive, préservant les connaissances d'une manière qui diffère fondamentalement de l'apprentissage basé sur le texte.

Contrairement à la connaissance textuelle, l'art préhistorique représente une forme d'expression plus directe et non médiatisée. Les empreintes de mains trouvées dans les anciennes grottes du monde entier, créées en soufflant du pigment d'ocre sur des mains pressées contre des parois rocheuses, sont une forme précoce d'expression artistique. Ces images apparaissent dans différentes cultures à travers les millénaires, suggérant une impulsion humaine universelle. Leur but reste spéculatif : il s'agissait d'une marque de présence, d'un acte spirituel ou d'une tentative de se connecter à l'environnement d'une manière personnelle.

De même, les premières figurines telles que la Vénus de Willendorf et l'Homme-Lion de Hohlenstein-Stadel suggèrent une pensée symbolique complexe. La figurine de Vénus, aux caractéristiques reproductives exagérées, représente probablement la fertilité et le pouvoir de donner la vie. L'homme-lion, une figure humanoïde avec une tête d'animal, implique une exploration précoce des identités hybrides, du mythe et de l'imagination. Ces artefacts démontrent que les premiers hommes ne se contentaient pas de copier la réalité, mais qu'ils s'engageaient dans des questions existentielles profondes.

La musique a également joué un rôle important dans la culture préhistorique. Une flûte pentatonique vieille de 40 000 ans trouvée en Allemagne suggère que les premiers hommes ont compris l'harmonie musicale. L'échelle pentatonique apparaît dans différentes cultures et est présente dans les ratios mathématiques des orbites planétaires, indiquant un lien profond, peut-être même intuitif, entre la musique et le cosmos.

L'art, la musique et l'expérience spirituelle à l'époque préhistorique n'étaient pas des disciplines séparées mais des aspects intégrés de l'existence humaine. Les premières peintures rupestres, sculptures et instruments de musique n'étaient pas de simples outils de survie ou de représentation, mais des moyens de s'engager avec le monde à un niveau profond. Ils permettaient aux hommes de se connecter avec la nature, les uns avec les autres, et avec quelque chose au-delà du monde matériel.

A l'ère moderne, l'art est devenu de plus en plus intellectualisé, souvent réduit à des jeux conceptuels et à un discours textuel. Pourtant, en son cœur, l'art provient d'une envie de se connecter à notre expérience intérieure avec le monde extérieur. C'est ce que j'entends par "l'art avant la théorie". L'art préhistorique incarne une rencontre directe et non médiatisée avec l'existence. Il parle de quelque chose de fondamental en nous, quelque chose que nous avons peut-être perdu dans les distractions de la vie contemporaine.

Peut-être que le véritable défi est de redécouvrir cette connexion à l'extérieur du texte, à l'extérieur des structures du discours théorique, et dans un engagement plus immédiat avec l'être. La question demeure : comment aller au-delà du texte tout en intégrant le savoir qu'il fournit ? C'est ce que je continue d'explorer dans ma propre pratique et dans mon engagement avec l'histoire de l'art.

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­Maya und die Frage nach der Wirklichkeit https://readingdeleuzeinindia.org/fr/maya-und-die-frage-nach-der-wirklichkeit/ Fri, 18 Aug 2023 11:38:59 +0000 https://readingdeleuzeinindia.org/?p=4435

Dans ma jeunesse, je me suis perdu dans le scepticisme et la science purement empirique. Mais maintenant, le texte d'Aurobindo m'ouvre de nouvelles perspectives sur la perception et l'illusion en philosophie. Apprends en plus sur ce tournant. #Philosophie #perception]]>

Lorsque je suis tombé dans l'abîme du scepticisme à l'adolescence, après mon premier amour pour Platon (en particulier le dialogue de Phaidon) et les grands poètes grecs comme Sophocle etc., le chemin était semé d'embûches, de la méditation de Descartes à Hume, Kant, Husserl. J'ai perdu de vue l'âme, j'ai suivi l'idéologie des sciences purement empiriques. Seul ce qui peut être perçu par les cinq sens était considéré comme un 'matériau' pour la philosophie, et dans ce contexte, il y avait le doute de savoir si l'on pouvait faire confiance à ces sens. Si tout n'était pas qu'une illusion. Le lien entre Platon et David Hume ne peut pas être plus grand.

Images

L'idée que le monde ne se manifeste que par des images perceptuelles m'a conduit à l'esthétique, mais je n'ai jamais vu cela aussi clairement que l'autre jour, lorsque j'ai fouillé dans le texte d'Aurobindo sur les Upanishads. Je me souviens de l'exemple légendaire et absurde de Willard Van Orman Quine sur les parties de lièvre non séparées : lorsqu'un lièvre passe derrière un arbre et que deux parties de lièvre se présentent ainsi à ma perception - une partie de lièvre avant et une partie de lièvre arrière - et que je semble pourtant avoir la certitude qu'il s'agit bien d'un lièvre. Nous pourrions ainsi apprendre quelque chose sur les principes de notre perception et de notre langage. Hume avait déjà poussé le raisonnement à l'extrême en disant que nous ne pouvions pas avoir la certitude que le soleil se lèverait à nouveau demain (il s'agissait pour lui de remettre en question la causalité). Voici la position d'Aurobindo sur ce type de philosophie :

"Le soleil se lève au petit matin, monte dans le cusp des cieux bleus et descend au crépuscule, laissant derrière lui des nuages de gloire à mesure qu'il disparaît. Qui pourrait douter de ce fait irréfutable, prouvé de manière écrasante ? Chaque jour, au cours de myriades d'années, les millions d'hommes de par le monde ont apporté un témoignage concurrent et sans équivoque à la vérité de ces splendides voyages. Quelle preuve plus concluante qu'un tel témoignage oculaire universel ? Mais il semble que tout cela ne soit qu'une image créée par Nescience dans le domaine de la vision. Science comes & undeterred by prison & the stake tells us that the sun never voyages through our heavens, is indeed millions of miles from our heavens, and it is we who move round the Sun, not the Sun round us. Non ces cieux eux-mêmes, le firmament bleu dans lequel la poésie et la religion ont lu tant de beauté et de merveilles, n'est lui-même qu'une imagedans laquelle Nescience représente notre atmosphère pour nous dans le champ de vision. La lumière qui nous parvient du Soleil et semble remplir l'espace ne semble être rien de plus qu'une image. La science, désormais libre de multiplier ses incroyables paradoxes, nous pousse en fin de compte à croire que c'est seulement le mouvement de la matière qui nous affecte à un certain niveau de vibration avec cette impression particulière sur le cerveau. Et c'est ainsi qu'elle se résout à faire de toutes choses de simples images du grand éther cosmique qui est seul. C'est de telles insubstantialités qu'est créée cette marvellous fabric of visible things ! Non, il semblerait même que plus une chose semble insubstantielle, plus elle est proche de la réalité ultime. Ceci, que la science prouve, dit le védantiste, est exactement ce que signifie Maya". (Aurobindo CVSA 18, p.379)

Ce n'est pas seulement la force poétique d'Aurobindo qui me fascine ici, la manière dont il évoque cette image du soleil levant et la fait tourner dans tous les sens, en tissant les différentes positions, pour ensuite repositionner le problème en lui-même. C'est la force de se laisser guider par sa propre intuition et son discernement, par l'expérience dans son sens le plus riche.

J'en tire la leçon :

  • Si nous voulons analyser le monde en tant que simple phénomène, que les images de départ soient riches et puissantes, s'il vous plaît, et non pas bêtement réduites comme des morceaux de lapin découpés.
  • Si nous suivons ensuite la méthode des sciences naturelles et de l'esprit rationnel, alors s'il vous plaît, allez jusqu'au bout, où nous verrons que c'est en fait cette science qui produit précisément les images qu'elle met en doute.
  • Et enfin, le renversement du problème, dans une sorte de retournement dialectique. Le monde est indiscutablement réel, sauf qu'il n'est pas tel que la science le décrit. La science elle-même le montre.

Chaque dispositif expérimental est une simulation, une construction. Chaque théorie est une description du monde dont l'hypothèse est soumise à un test constant. Dans les Vedas, nous apprenons sur l'essence du monde tel que nous l'expérimentons : Il est pure conscience. Ma conscience ne connaît rien d'autre que la conscience. C'est une hypothèse folle que de penser que tout ce qui contient ma conscience est son contraire. Ce n'est pas comme si notre conscience contenait une image d'une réalité totalement différente. Au contraire, le monde est constitué de conscience, et c'est dans l'interaction de la conscience avec d'autres consciences, dans la différenciation de l'une dans sa diversité, que naissent les perceptions et les images. Elles sont reliées par des vibrations. Le site Kena Upanischades décrire cela, le principe de base est OM dans la Mandukya Upanischad, tout est relié par un rhizome à un niveau d'immanence, comme Deleuze le décrit dans son dernier essai.

Maya, la question de la réalité, met en évidence un paradoxe, c'est la question elle-même qui crée le problème. Le mentales images qui servent de base à l'analyse rationnelle sont des mayas - des illusions. Notre conscience, en revanche, est réelle, la seule réalité. C'est le cœur du problème du dualisme. dvaita-advaita

Om shanti, shanti, shanti

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